« On fait ce que l’on peut. » Philippe Louvrier est apiculteur amateur, passionné par les abeilles       et s’il y a bien quelque chose qu’il ne supporte pas, c’est qu’on s’attaque à ses petites protégées. Alors, dès qu’un frelon asiatique s’approche d’une ruche, il ne peut pas s’empêcher de sortir sa tapette. Car, comme chaque année, cet adhérent au Groupement de défense sanitaire des abeilles d’Ille-et-Vilaine (GDSA 35) lutte, tant bien que mal, contre le frelon asiatique, redoutable prédateur pour les abeilles depuis son arrivée, en France, en 2004. « Il est extrêmement offensif pendant les mois d’août, septembre et octobre, rappelle l’apiculteur. Pour lui, la ruche est un véritable garde-manger. À cette période, c’est mange ou crève. » Une harpe pour cinq ruches

Alors pour protéger leurs ruches, Philippe et le GDSA 35 ont développé un piège : une harpe électrique. Un outil qui doit son nom à sa ressemblance avec l’instrument de musique, « grâce à des fils électriques espacés de telle sorte que lorsque le frelon passe au travers, les ailes déployées, il touche les deux fils et prend une décharge. Il tombe ensuite dans une bassine d’eau et se noie », décrit Philippe Louvrier, ravi de découvrir la centaine de frelons piégés. « Il n’y a pas de meilleure preuve », se réjouit l’apiculteur. Si une centaine de harpes ont été déployées dans toute la Bretagne, ce nouvel outil ne permet pas, à lui seul, de lutter contre les frelons asiatiques en cette période de protection du rucher. « C’est surtout un outil qui va être utilisé sur des ruches alignées de front, poursuit-il. Le but est d’essayer d’attraper les nuisibles qui passent d’une ruche à une autre. » D’après l’apiculteur amateur, il faut compter « une harpe pour cinq ruches ».

Un brevet déposé, en développement depuis trois ans par le GDSA 35, plusieurs prototypes ont été réalisés. Les premières harpes ont été installées, en 2024, avant d’arriver, cette année, à une troisième version qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet. Si les retours sont positifs et que l’appareil est aujourd’hui abouti, les observations des apiculteurs au cours de cette année vont permettre de le faire évoluer pour l’année prochaine. « Le but est d’avoir un outil pérenne et qu’on le développe un maximum », souligne Jean-Yves Sénéchal, président du GDSA 35.

Vendue 135 euros uniquement à ses adhérents, la harpe peut être fabriquée chez soi « par tout bon bricoleur », rappelle Philippe Louvrier. Il faut compter environ 200 euros. Et des tutos sont disponibles sur YouTube.